RUBRique jardinage

La rubrique jardinage du premier semestre 2020

 

Il y a quelques années, notre ami et adhérent regretté Michel Quentin m'avait parlé de sa culture de tomates, chez lui, en hydroponie… terme un peu barbare pour moi. Il s'agit d'une culture dans laquelle une solution nutritive remplace la terre.

Lors d'un précédent cours informatique, Jacques et Lionel nous parlaient d'un site « cultivez vos légumes en intérieur » que je me suis empressé de consulter… pour y faire de nombreuses découvertes. Certaines ont d'ailleurs été relayées à la télé, notamment celles de la culture des champignons.

Je vais vous en décrire quelques-unes qui concernent surtout l'agriculture urbaine et l'évolution continue.

 

En 2017, une entreprise québécoise OGARDEN crée un jardin potager bio et design pour intérieur de maison. Les plantes poussent dans des tubes remplis de substrat biologique à base d'algues.

4 plantes par tube et 20 tubes rassemblés qui tournent lentement dans une roue. Il paraît que les plantes sont plus belles et plus vigoureuses en tournant ! Une lampe est associée à cette roue.

Grâce à ces 80 plants, il est possible de récolter des légumes quotidiennement. A noter que les plantes sont vendues sur leur site. Coût de cette roue et tubes : 1 300€.

 

En 2017, une entreprise, NIWA sort une armoire sophistiquée pour culture en hydroponie : hors sol, sans terre, propre et saine, apport nutriments, le rendement serait +25 % par rapport à une plantation en pleine terre. Cette armoire comporte des capteurs, actionneurs pour nourriture automatique, tout ceci par l'intermédiaire d'une appli gratuite. On peut donc cultiver le tout en restant assis dans son canapé, fini le mal de dos ?

 

Fin décembre 2019, LG lance un jardin d'intérieur connecté pour faire pousser ses salades à la maison. Elle fournit un pack « clé en mains » contenant du terreau et une vingtaine de variétés de légumes, dont les salades de toutes sortes, du basilic, de la chicorée... C'est une armoire de la taille d'un frigo, dans la cuisine ! Avec lumières LED, circulation air/eau, gestion par une appli mobile. Cette armoire devait faire l'objet d'un agrément...

 

Une start-up francilienne AGRICOOL s'est lancée, en 2015, dans la culture de fraises dans des containers maritimes détournés. En 3 ans, elle a bien grandi. Son créateur, un fils d'agriculteurs a installé 4 containers de 30 m2 dans le parc de Bercy à Paris, puis des ateliers à La Courneuve, base de l'entreprise : 55 salariés avec équipe d'agronomes et designers, développeurs chargés d'améliorer encore tant les containers que la qualité des fraises. Les fraises poussent hors-sol à la verticale, le long de tours placées devant des diodes électroluminescentes (LED) basse consommation (fraises à haute valeur nutritionnelle et production au bilan carbone très réduite selon le responsable). Pas de pesticide, engrais biologiques, eau en circuit fermé par goutte à goutte au-dessus des tours, récupérée dans des gouttières et revenant dans le bac de départ. Moins d'eau que dans une serre !

Les 4 containers produisent chacun 7 tonnes de fraises par an écoulées dans les Monoprix du secteur, restaurateurs etc. Les projets se poursuivent et l'entreprise part aujourd'hui à l'assaut de Dubaï où les importations de fruits et légumes sont importantes.

 

D'autres start-up ont flairé ce filon, notamment en Bretagne pour les salades, herbes aromatiques, ECF à Berlin, la boîte maraîchère au Québec et le container hydroponique (BCG) ... Il y a aussi ce type de culture pour le cannabis… (avec licence de production, bien sûr, au Canada et aux USA).

Cette agriculture urbaine technologique, comme les fermes verticales, les serres sur les toits, l'aquaponie, les cultures hors-sol prend de l'ampleur... Elle a tout de même sa place aujourd'hui dans les régions du monde où les conditions climatiques et où l'espace disponible sont peu propices à l'agriculture.

 

Étienne Lemaire

 

Jardinage : la poire de terre ...

Connaissez- vous cette plante potagère, cousine du topinambour et proche parent du tournesol qui a  davantage la configuration du dahlia et surtout meilleur goût que le topinambour ?
Ses racines charnues et allongées se forment au pied d'une souche, d'où partent plusieurs tiges portant des feuilles décoratives en forme de hallebarde.
Il s'agit de la poire de terre ou yacon frileux, qui disparaît dès le premier gel. On le plante surtout dès le mois de mai, pour le récolter à partir de fin octobre. Il est conseillé de déguster les racines du yacon quelques semaines après sa récolte (maturité) jusqu' en fin février. Sa chair est croquante, légèrement sucrée. Une vraie poire, en effet!
Sa carte d'identité : nom latin : smallanthus sonchifonlus. Famille des Asteracées. Origine: Amérique du Sud  (Andes). Variété : blanc ou violet. Sol : meuble, humifère, frais. Exposition : mi-ombre de préférence. Arrosage régulier. Résistance: 0 degré pour les feuilles, -5 degrés pour la souche. Attention aux rongeurs… ! Rendement: 5 kilos par plant environ (plus souvent 2 à 3 kilos)
Pourquoi adopter le yacon ?
Il est vivace, autonome, ne craint pas la concurrence et n'est pas envahissant comme le topinambour. Il est décoratif par ses feuilles et par ses fleurs (jaune) si l'automne est doux. Il est tolérant à la nature du sol (calcaire ou pas) et à l'ensoleillement. Il ne craint pas les maladies à part l'oïdium. Il est productif. Il est polyvalent en cuisine : cru, cuit et même mijoté (pas trop longtemps…) Il ne faut pas trop en abuser car il contient de l'inuline.
Il fournit aussi un sirop pour diabétiques, et avec ses feuilles, un thé.
Où le trouver ? Dans certaines jardineries.

Etienne Lemaire

 

Jardiner avec les nouveaux produits au 1er semestre 2019

Depuis le 1er janvier 2019, les jardiniers amateurs n'ont plus le droit d'acheter, d'utiliser et de détenir des produits phytosanitaires de synthèse. L'amende peut aller jusqu'à 30 000 € et 6 mois de prison ferme ! Il faut donc se débarrasser des produits qui ne portent plus la mention EAJ (Emploi Autorisé dans les Jardins) et les rapporter dans «certaines» déchetteries. (Voir site www.eccodds.com).

On peut, maintenant, utiliser les produits de biocontrôle pour protéger les plantes ; ils sont de 4 types :

- les macro-organismes auxiliaires : des prédateurs ou des insectes qui parasitent les ravageurs.
- les micro-organismes qui comprennent des virus, des bactéries et des champignons. Leur utilisation permet de tuer le bio agresseur (ravageurs, agents pathogènes responsables de maladies) ou de stimuler les défenses de la plante avant une attaque.
- les médiateurs chimiques ou molécules volatiles qui se diffusent dans l'air (comme les phéromones, les kairomones) et  perturbent les ravageurs.
- les substances naturelles d'origine animale, végétale ou minérale qui agissent sur les bios agresseurs.

Notons l'acide pélargonique (vous pouvez le voir sur les étiquettes  des boîtes en vente dans les jardineries ou autres, ainsi que l'huile de colza etc...).
Cet acide provient du géranium ou pélargonium odorant. Il agit par contact en desséchant les feuilles des plantes.

Egalement, on trouve le pyrèthre (extrait des fleurs de chrysanthème séchées et réduites en poudre ayant une action insecticide et agissant sur les acariens).

Le phosphate ferrique, d'origine minérale, permet de lutter contre les limaces et les escargots.

Donc, essayons d'anticiper pour protéger: la bonne plante au bon endroit, une surveillance régulière, des barrières contre les insectes (filets ou bande engluée autour des troncs des arbres fruitiers), le sol toujours couvert, des variétés résistantes… et d'agir au bon moment.

Vous pouvez consulter les nombreuses fiches explicatives pour en savoir plus sur le site intéressant :  https://www.jardiner-autrement.fr/ et bien d'autres sites de jardinage…

Etienne Lemaire

 

Vers le zéro pesticide

Les pesticides sont des produits chimiques destinés à lutter contre les parasites animaux et végétaux des cultures.

Il existe essentiellement trois types de pesticides :

  • les herbicides, contre les herbes indésirables, dites « mauvaises herbes »,

  • les insecticides, contre les insectes,

  • les fongicides, contre les maladies causées par les champignons.

D'autres produits du même type sont utilisés pour éliminer les rongeurs et les taupes. Ce sont des biocides.

Quelques chiffres :

- 20 millions de jardiniers amateurs.
- Selon Générations futures, ceux-ci déversent chaque année 2000 tonnes de pesticides sur leurs pelouses et leurs potagers.
- Un peu plus de 5000 tonnes environ sont utilisées chaque année dans les jardins, les espaces végétalisés et les infrastructures.
- 70 000 tonnes environ de matières actives sont commercialisées en France chaque année.

La Loi Labbé du 17 août 2015 sur la transition énergétique pour la croissance verte comporte 3 grandes échéances :
En 2017 :
1) l’interdiction des pesticides chimiques pour l’Etat, les collectivités locales et les établissements publics.
2) la fin de la vente en libre-service des pesticides chimiques pour les particuliers. Ceux encore disponibles en jardineries sont « sous clé » et ne peuvent être délivrés qu'avec les conseils d’un vendeur formé du magasin.

En 2019 :
L’interdiction des pesticides chimiques pour les particuliers.
En cas de danger sanitaire, les traitements contre les organismes nuisibles pourront être autorisés par arrêté ministériel ou préfectoral.
Les produits de bio contrôle (c'est-à-dire de lutte biologique intégrée) et les produits utilisables en agriculture biologique ne sont pas concernés par cette mesure.
L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) donne de judicieux conseils de base pour éviter d'arroser ses plates-bandes de chimie.
On peut, par exemple, pailler le sol avec les déchets du jardin pour lutter contre les mauvaises herbes.
On peut encore utiliser des variétés horticoles et potagères résistantes ou pulvériser des décoctions de plantes pour lutter contre les maladies.
Et si l'on veut lutter contre les ravageurs, créer des associations de plantes est une excellente initiative.

Dans le prochain article jardinage 2019, je vous décrirai les traitements naturels possibles ainsi que les produits « nouveaux » que l'on trouvera en jardineries ou autres.

Etienne Lemaire

 

Le pense-bête des travaux du jardin au mois d'avril

  • Préparez et semez les nouvelles pelouses.

  • Terminez les scarifications et semis éventuels avec du gazon de regarnissage, fertilisez, roulez, détruisez les mauvaises herbes.

  • Traitez les arbres fruitiers à la bouillie bordelaise dès que les bourgeons éclatent, les rosiers après la taille, les arbustes.

Fertilisez-les avec un engrais spécifique.

  • Enlevez les fleurs fanées des hortensias que vous pouvez recharger en véritable terre de bruyère en grattant légèrement la terre aux pieds, ainsi que les rhododendrons.

  • Semez les fleurs annuelles à croissance rapide (clarkia, cosmos..).

  • Plantez en sol léger les bulbes et tubercules à floraison estivale (glaïeul, dahlia, bégonia).

  • Plantez les arbustes de terre de bruyère.

  • Semez les légumes peu frileux (carottes, betteraves, petits pois)

  • Plantez ail, oignon, échalote.

  • Plantez  des fraisiers ou nettoyez et fertilisez ceux existants.

  • Sous abri, plantez laitues, semez radis, etc…

  • Coupez les tiges florales fanées des tulipes et des narcisses.

  • Taillez les arbustes défleuris.

  • Divisez les grosses touffes de primevères.

  • Plantez en terre légère et bien fumée, toutes variétés de pommes de terre dès que les lilas fleurissent.

 

Surveillez vos semis, plantations et recouvrez-les éventuellement d'un voile de forçage car les nuits sont encore fraîches et les Saints de glace ne sont pas passés...

Bon jardinage.

Etienne Lemaire

 

Framboisiers et bilan des récoltes au jardin en 2017 :

Le Framboisier : il est aussi appelé «ronce d'Ida» d'où son nom : Rubus idaeus, famille des Rosacea. C'est en effet un arbuste épineux cultivé depuis la Renaissance et surtout depuis le 18ème siècle.
Il réussit partout en France et tolère pratiquement tous les sols. Son meilleur rendement est cependant obtenu en terre fertile et fraîche.

  • Plantation : de novembre à février en lignes orientées nord-sud.

  • Distance de plantation : de 40 à 50 cm sur le rang, 1,2O m entre les rangs. Attachez les branches souples sur des fils de fer, tendus horizontalement tous les 50 à 60 cm entre des piquets de châtaignier, espacés de 2,50 m. Vous pouvez aussi les palisser sur un grillage pour obtenir une haie fruitière. Le palissage en arcure accroît la production et facilite la cueillette

  • Soins : arrosez en été, paillez en automne avec des feuilles mortes et du compost et en y ajoutant 2 poignées de poudre d'os par plante. Renouvelez la plantation tous les sept ou huit ans  avec des drageons ou de nouveaux plants sélectionnés

Variétés par ordre de maturité :

Framboisiers non remontants unifères ou de jours courts (de mi-juin à fin juillet) : Malling         Promise, vigoureux et productif; Malling Exploit aux très gros fruits rouge brillant, très rustiques; Lloyd George au fruit allongé et conique, vigueur moyenne qui peut remonter en juin-juillet; Violette précoce; Meco parfumé dont la récolte s'étale sur 5 semaines; Tulameen vigoureux. Les framboisiers non remontants réussissent mieux sous les climats froids.

 Framboisiers remontants dits bifères ou de jours longs (juin, puis début août jusqu'à mi-octobre) : Autumn Bliss de gros calibre et plus précoce; Zeva fruits allongés, bonne saveur, très productifs (conseillés en sol acide); Belle de Malicorne aux fruits arrondis; Héritage très productif; September aux fruits rouge vif; Fall Gold aux fruits arrondis, jaune d'or bien sucrés; Sucrée de Metz, jaune; Augustred de vigueur moyenne; Tayberry provenant du croisement entre une mûre et une framboise (plante sarmenteuse et épineuse).

Taille : elle se fait normalement en deux temps. En automne, on coupe à ras les tiges ayant donné, et au printemps on réduit de moitié celles qui restent. Mais on peut aussi couper le tout à ras en automne. On récolte moins, mais plus gros et plus goûteux, presque sans maladie.
Pour ma part, j'attends mars quand il commence à «feuiller», j'enlève tous les bois morts et je taille le haut des tiges sur lesquelles je vois encore les anciennes «grappes».

 Multiplication : division des touffes, bouture des racines en automne ou bouture de rameaux feuillés en juin.

Quelques conseils :

Il semblerait que planter des myosotis entre les rangs de framboisiers permettrait de lutter préventivement contre le ver des framboises.
Traitez avec bouillie bordelaise en début de saison. Surveillez également les pucerons et traitez avec de l'eau additionnée à 10 % de savon noir ou profitez des coccinelles et autres auxiliaires du jardin. On peut aussi utiliser du purin de tanaisie ou d'une infusion de cette dernière.

En hiver, vous pouvez faire souffrir vos plants en enfonçant la bêche tous les 50 cm entre les tiges. En sectionnant les rhizomes, on les force à émettre plus de tiges au printemps.
La légende veut que la framboise fût jadis blanche. La nymphe Ida, fille du roi de Crète et nourrice de Zeus voulut un jour cueillir les fruits pour nourrir son protégé. Mais elle s'égratigna le sein aux épines de l'arbuste et aussitôt, les fruits prirent la couleur de son sang.
Le nom de framboise vient de la déformation de «fraise des bois».

Etienne Lemaire

 

© 2020 par Jacques Gaudin - Lionel Cousin - Michel Rosin